Éclairages sur le synode sur l'Amazonie

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Edito du dimanche 3 octobre 2019.

Pendant trois semaines, du 6 au 27 octobre, 283 participants (dont les 113 évêques des différentes régions de l'Amazonie, mais aussi des spécialistes laïcs ou membres de dicastères romains) se sont rassemblés autour du pape François afin de débattre et élaborer des pistes d'actions pastorales pour renouveler la mission de l'Eglise dans cette partie du globe. Plusieurs thèmes ont été relayés par la presse comme faisant I'objet de vives tensions. Le cardinal Schönborn, archevêque de vienne et I'un des rares européens présents à ces discussions, livre quelques éclairages. Extraits...

"Avant de parler, il faut écouter. Tout au début, le saint-père nous avait dit : 'Il faut s'approcher des peuples de l'Amazonie sur ra pointe des pieds. Ce poids d'une histoire de conquête, de souffrance des peuples indigènes aujourd'hui en danger d'extinction doit être à la première place, avant même de parler des solutions pratiques et des initiatives à prendre. Et puis, il y a la forêt dans laquelle ils vivent. Mgr Lafont, évêque français dans la forêt amazonienne a dit que ce synode voulait mettre une des périphéries du monde ou cœur de l'Église, et je partage son analyse. Le premier voyage du pape était Lompedusa en Italie, et l'Albanie, en Europe : François va constamment vers tes périphéries pour les mettre à l'intérieur de l'Église."

"L'Évangile du samedi 26 octobre, jour du vote du document final, Jésus raconte la parabole du figuier qui ne porte pas de fruit depuis trois ans... il est symbolique que ce soit l'Évangile du dernier jour du synode : la menace est réelle pour la vie de la planète, ce n'est pas une exagération. Il y a un sursis, mais... c'est un sursis. Le péché écologique consiste à voler l'avenir des générations futures. Et jusqu'à présent, on n'a pas suffisamment considéré ce que cela signifiait en terme de responsabilité personnelle".

Concernant les viri probati (des hommes mariés reconnus pour leurs qualités qui pourraient être prêtres si le besoin se fait localement sentir), « le pape ne prendra pas de décisions à la légère, sur un sujet à juste titre controversé que celui des viri probati - controversé pour des questions de tradition, de convenance et des aspects plus pratiques. Le synode s'est plutôt orienté vers un encouragement du diaconat permanent qui, en Amérique latine et en Amazonie, n'est pas très développé, alors que c'est une ouverture que le concile Vatican II avait rendue possible. Dans l'Église, il existe déjà des hommes mariés, qui ont fait leurs preuves dans leur famille, leur vie professionnelle et leur foi, et qui reçoivent l'ordination au diaconat. Nous avons 50 ans d'expérience en la matière : alors pourquoi, en Amérique latine, en a-t-on fait si peu usage ? Sans compter que si l'on ordonne des hommes mariés à la prêtrise, ils doivent d'abord passer par le diaconat, comme je l'ai rappelé dons mon intervention ou synode. Développer le diaconat permettrait ainsi d'avoir un laboratoire pour voir si l'un ou l'autre pourrait réellement être appelé aux ordres. ce temps de réflexion est important aussi pour des raisons pratiques ; ces viri probati prêtres devraient, comme les viri probati diacres, vivre de leurs propres moyens, leur service étant bénévole. En effet, dans des Églises aussi pauvres qu'en l'Amazonie, l'Égrise ne pourrait pourvoir d'un salaire adapté à la vie d'un père de famille. »

La totalité de l'article est dans La vie, n" 3869

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