Dans la douceur de l'Esprit

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Edito du dimanche 31 mars 2019

La liturgie de ce dimanche, par sa couleur rose, nous invite à nous réjouir, à être joyeux comme le proclame l'antienne d'entrée de la célébration eucharistique : "Réjouis-toi, Jérusalem, et vous tous qui m'aimez, rassemblez-vous. Exultez et réjouissez-vous, vous qui étiez dans la tristesse : rassasiez-vous de l'abondance de votre consolation" (cf. Is 66, 10-11) Quelle est la raison profonde de cette joie? La raison de notre vraie joie est la joie d’accueillir la miséricorde de Dieu et de l’annoncer où nous sommes.

Permettez-moi également de vous partager concrètement une autre joie : celle de notre Parcours qui, depuis 11 semaines, a ponctué les jeudi soirs du Centre Saint-Sauveur. Là, participants au Parcours, animateurs des tables, priants dans la chapelle, laïcs des temps d’enseignement, serviteurs des tables et cuisinières se sont côtoyés joyeusement avec un unique désir de faire connaître l’amour de Dieu pour nous qui en sommes déjà les témoins pour nos vies.

Ce Parcours, nous l’avons vécu au cœur de semaines dans laquelle notre Eglise vit des temps troublés : crise dans ses institutions et dans la méfiance de beaucoup de fidèles face à ceux qui la représentent. Les participants, tout en portant ses questionnements en leurs cœurs, ont pu faire l’expérience de ce qu’est l’Eglise, ici, tout simplement. Comme le germe qui semé quelques semaines auparavant, commence à poindre au jour. Certains nous ont déjà manifesté leur désir de poursuivre. D'autres le feront peut-être dans les semaines qui viennent. Peu importe, l’essentiel est ce qui a été semé. A Dieu et notre communauté toute entière de prendre la relève…

En 1969, un jeune évêque allemand, Josef Ratzinger, écrivait ceci : "De la crise d’aujourd’hui émergera une Église qui aura perdu beaucoup. Elle deviendra petite et devra repartir plus ou moins des débuts. Elle ne sera plus en mesure d’habiter la plupart des édifices qu’elle avait construits au temps de sa prospérité (...) Elle resurgira par les petits groupes, les mouvements et une minorité qui remettra la foi et la prière au centre et expérimentera de nouveau les sacrements comme service divin et non comme un problème de structure liturgique. Ce sera une Église plus spirituelle qui ne s’arrogera pas un mandat politique flirtant de-ci avec la gauche et de-là avec la droite (...) Ce processus de cristallisation et de clarification la rendra pauvre, la fera devenir une Église des petits, il sera long et pénible… mais après l’épreuve de ses divisions, d’une église intériorisée et simplifiée sortira une grande force." A l’Esprit-Saint maintenant de nous conduire … tout en douceur.

Votre curé, Jean-Laurent MARTIN

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