"Je crois à la Sainte Eglise catholique"

Réflexions d'un paroissien sur l'Eglise.

Croire à l’Eglise et mieux la connaître est d’une importance vitale

Nous ne pouvons remonter à Dieu que parce qu’il est venu nous chercher. Nous ne pouvons donc le rejoindre que par les voies qu’il nous a indiquées. Le chemin que Dieu a tracé pour nous permettre de le rejoindre c’est l’Eglise, en dehors de ce chemin nous ne pouvons que nous égarer2.

Celui qui prétendrait mener sa vie chrétienne à sa façon sans se soucier de l’Eglise, sans se préoccuper de ce qu’elle est afin de s’y conformer serait dans l’illusion. Notre devoir est de nous efforcer de la connaître avec précision dans ses éléments essentiels.

 

L’appartenance à l’Eglise : spécificité de la vie religieuse catholique

               

« Le catholicisme se distingue de toutes les autres formes de vie religieuse, chrétiennes ou non chrétiennes par l’importance qu’il donne à l’Eglise3 ».

Le propre de tout le christianisme est de dire que l’on ne peut communier avec Dieu que par le Christ, le catholique ajoute qu’on ne peut communiquer avec le Christ que par l’Eglise.

 

L’Eglise, sacrement de Jésus-Christ

Selon le mot de Bossuet4, l’Eglise n’est rien d’autre que

« Jésus-Christ répandu et communiqué. »

Comment comprendre cela ? L’union de Dieu et des hommes s’est réalisée en Jésus-Christ, homme-Dieu dans lequel Dieu s’unit à l’humanité. Tout est fait, nous sommes sauvés, « Tout est achevé » (Jn 19, 30). Et cependant, le monde continue de tourner, l’histoire avance.

Ce mystère de l’Incarnation-Rédemption s’est produit à un moment donné de l’Histoire, il y a plus de vingt siècles et en un point précis de l’Espace, la Palestine. C’est la loi même de l’Incarnation : Jésus, le Fils du Père a pris un corps d’homme dans un pays géographiquement repérable, dans un peuple déterminé avec un culture propre et à une époque donnée. Il n’est cependant pas question de mettre entre parenthèses le reste du monde ni une autre période de l’histoire.

L’Eglise est le signe de la présence de Jésus dans le monde, aujourd’hui. L’Eglise est la réalité, voulue par Dieu, qui met chaque homme en relation avec le Christ. L’Eglise est le sacrement du Christ cela signifie qu’elle est le signe visible du Christ, le signe de l’action du Christ ressuscité toujours présent dans le monde.

 

La mission de l’Eglise : rendre Jésus-Christ présent aux hommes

« L’Eglise a pour unique mission de rendre Jésus-Christ présent aux hommes »5.

 

L’activité missionnaire est une activité essentielle de l’Eglise. Elle doit faire connaître le Christ, le montrer, le donner à tous.

Si cette activité missionnaire de l’Eglise est essentielle elle doit être partagée par tous ses membres, par tout chrétien.

« Le croyant ne connaît réellement l’Eglise qu’en collaborant à son édification »6.

 

Tout membre de l’Eglise est responsable de toute l’Eglise. Chacun de nous est membre du Corps unique. Chacun de nous est l’Eglise. Le chrétien ne saurait se comprendre en ne regardant que lui, un chrétien ne se comprend que par son rapport aux autres, à tous les autres.

                Par chacun de nous, il est impératif que l’Eglise proclame, « à toutes les créatures » (Mc 16, 15), à temps et à contretemps, L’Evangile, Bonne Nouvelle de l’Amour de Dieu qui veut unir à Lui tous les hommes. Elle doit répandre jusqu’aux confins du monde le feu de l’Esprit d’Amour reçu à la Pentecôte.

                                                                                                                                                                    

                                                                                                                             A. Billioti de Gage

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1.   Catéchisme de l’Eglise catholique, article 9

2.   Y. de Montcheuil, Aspects de l’Eglise, Paris, 1948, Cerf, Livre de vie 23, p.8

3.   Y. de Montcheuil, Aspects de l’Eglise, Paris, 1948, Cerf, Livre de vie 23, p.9

4.   Célèbre prédicateur du XVIIe s.

5.   H. de Lubac, Méditation sur l’Eglise, Paris, 1953, Aubier, Théologie, p. 190

6.   F. Varillon, Un abrégé de la foi catholique, Paris, 2006, Bayard, p. 56