"Que Marie m'aide chaque jour à me laisser façonner par l'Esprit Saint"

Le lundi 8 décembre à Gradignan, en la solennité de l'Immaculée Conception, Eloi et Pierre, séminaristes, ont été admis à être candidats au sacerdoce au cours de la célébration présidée par Monseigneur Mousset, évêque de Périgueux.

Témoignage de Eloi

Quelle joie cela a été de faire cette étape vers le sacerdoce accompagné de la prière de L'Eglise et avec la Vierge Marie en ce jour de l'Immaculée Conception ! Je prie pour que Marie m'aide chaque jour à me laisser façonner par l'Esprit Saint pour qu'un jour je puisse dire en vérité avec elle "Me voici Seigneur qu'il me soit fait selon ta parole".

Le cheminement vers le sacerdoce se fait par étapes. Chaque pas est important, il permet au séminariste de faire le point sur son cheminement et de s’engager progressivement. L’Eglise prévoit  pour cela des étapes institutionnelles marquées par un rite liturgique. Dans cette étape j'ai exprimé ma ferme intention de recevoir l’ordination, je l'ai fait publiquement et cette intention a été accueillie officiellement par l’Evêque. Au Séminaire, elle correspond habituellement à la première année de théologie.

Eloi Desrippes

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Homélie de Monseigneur Mousset

Chers séminaristes, chers pères du séminaire,

Avec mon frère Laurent, nos frères prêtres, nos frères et sœurs laïcs qui vous entourent, Pierre et Eloi, nous sommes heureux d’être avec vous pour célébrer cette Eucharistie en cette solennité de l’Immaculée Conception, au cours de laquelle nous allons vivre cette étape de l’admission. Et votre admission ne pouvait pas mieux tomber que ce jour de cette solennité. En effet, Marie est comblée de grâce, comblée de l’amour de Dieu, depuis le premier instant de son existence. Et elle devient à l’initiative de Dieu, la Mère du Christ. Alors, nous pouvons d’emblée nous tourner vers elle et lui dire : « En toi, Marie, resplendissent toutes les vocations, toutes nos vocations. Tu nous apprends aussi que nous sommes appelés à devenir, avec la grâce de Dieu, des saints, des vocations saintes, dans l’amour du Christ, dans la miséricorde du Christ. En toi, Marie, brille la dignité de toute personne, de tout être humain, toujours précieux aux yeux de Dieu, aux yeux du Père. Alors, nous te confions aujourd’hui, l’ensemble des séminaristes et toux ceux qui ont reçu la mission de les former et de les accompagner, et nous te confions tout particulièrement Pierre et Eloi. Avec toi, Marie, nous ne sommes plus enfermés dans des temps anciens, marqués, nous l’avons entendu dans les lectures, par la désobéissance. » Cette désobéissance nous a entraînés dans la brume et les ténèbres, avec toutes les craintes et les peurs quand nous marchons on ne sait pas trop où. On ne sait pas trop où poser le pas, avec toutes ces craintes et ces peurs qui en découlent. Elles rendent parfois difficile notre marche vers ce bonheur, vers cette vie que Dieu veut pour chacun de nous. Le « où es-tu donc ? » du Seigneur à la recherche de l’homme, à notre recherche devient dans le Christ Jésus, ce temps nouveau tant attendu, tant espéré ; ce temps nouveau des retrouvailles pour une nouvelle alliance où nous sommes comblés de sa bénédiction, où nous sommes choisis sous son regard pour devenir ses enfants, pour devenir ses fils dès maintenant, et devenir ses serviteurs en ce monde. Pour cela, les paroles de Marie, au terme de l’entretien avec l’ange, sont une aide précieuse : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta Parole » Dans une grande liberté, vraiment, dans une grande liberté, Marie dit un grand oui au Seigneur. Elle se place dans la volonté de Dieu. Elle insère toute sa vie, toute son existence dans la volonté de Dieu. Nous le savons, nous sommes souvent tentés de faire notre propre volonté. Nous pensons que nous serons plus libre. Or, c’est l’inverse, cela nous conduit à des esclavages d’une vie tournée vers soit même. Y a-t-il plus grand esclavage que cela ? C’est terrible d’être pris dans ce tourbillon, ce cyclone qui nous centre sur nous-même. Alors Marie vous chuchote, à Pierre et Eloi, mais aussi à chacun de nous : « Que ta volonté soit faite. » Car cette volonté de Dieu, elle est bonne, même si elle peut apparaître comme un poids, un joug que nous ne pourrions pas porter. Mais en réalité, la volonté de Dieu n’est pas un poids, mais au contraire, elle nous donne un élan intérieur étonnant qui nous guide vers ce bonheur que nous cherchons ; un bonheur qui n’est pas que pour nous, qui est pour le monde, pour l’humanité et qui fonde donc ce beau service de la mission auquel vous vous destinés avec la grâce de Dieu. Dans cette étape de l’admission, comme à toute étape de la vie missionnaire de l’Eglise, il y a cette attitude de fond que nous trouvons en Marie, elle-même à l’école de Jésus, le décentrement de soi pour s’en remettre à un autre que soi-même, dans la confiance et dans la foi ; certains disent une désappropriation de soi. J’aime cette expression. Benoît XVI, en son temps, a osé dire en parlant de Marie, comme un modèle du décentrement à l’école de Jésus. Il disait cela : « Elle est pour ainsi dire expropriée d’elle-même pour être entièrement disponible à l’œuvre du Christ et avec lui entièrement donnée, en don à tous. » En effet, plus la personne humaine se donne à la suite du Christ, plus elle se trouve elle-même. Ce n’est pas l’inverse. Plus elle se trouve elle-même, plus elle trouve son identité, plus elle trouve le sens de sa vie. Plus une personne se donne pour le bien d’autrui, sans se chercher d’abord elle-même dans ce don de soi, plus elle se découvre, se trouve et trouve le sens de sa vie. Le cœur de Marie, en se donnant totalement à Dieu, s’est agrandi, s’est élargi comme toujours. A la suite de Dieu le Père, à la suite du Christ, notre cœur s’ouvre, s’élargit, grandit, nos horizons aussi. Avec Marie, la beauté et la bonté de Dieu s’approchent de nous. Ainsi pour nous, et pour vous, Pierre et Eloi en particulier, avec votre admission, elle est un signe d’encouragement, de réconfort et d’espérance. Amen.

Monseigneur Mousset

Evêque de Périgueux

 

 

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